Naples : sacrée ville !
Pour le voyageur arrivant de l’aéroport, la ville se déploie, chaotique, infinie, dans une longue succession d’immeubles anodins, de places et d’avenues sans fin. Mais pour celui qui vient de la mer tyrrhénienne, le spectacle est tout autre. Nichée au creux d’une des plus majestueuses baies que le dieu des eaux ait pu créer, Naples s’impose. Impériale. Découpant les silhouettes massives de ses châteaux de pierre ocre Sant Elmo, Castel Nuovo et Castel dell’Ovo, sur un ciel azur. Difficile d’imaginer aujourd’hui que cette cité, sans nul doute la plus italienne de toute la péninsule, animée d’un peu moins d’un million et demi d’habitants, ait été au XVIIe siècle, la plus importante ville de la vieille Europe et la capitale d’un vaste royaume. Mais pourtant, les églises, les monastères, les palais évoquent toujours, par leurs façades colorées de rose, de jaune, de vert, de bleu ou de gris, ces temps anciens où Naples fut convoitée, possédée, ruinée, rêvée par toutes les plus grandes dynasties. Dès 600 avant Jésus-Christ, les Grecs de Cumes la fondèrent et l’appelèrent Parthénope, du nom d’une des sirènes qui se suicida en s’échouant sur la plage, faute d’avoir pu convaincre le grand Ulysse de la rejoindre dans les eaux. Puis les Romains, les Byzantins, les Normands, les Angevins, les Aragon, les Autrichiens et enfin les Savoie y imprimèrent, tour à tour, leur empreinte.



