Cork : très cultivée
Cork ! Le nom sonne comme un coup de canon, rapide et sec, comme le vent rude et chargé des embruns de l’Atlantique qui fouette l’ouest et le nord du pays. Si ses façades de calcaire semblent parfois tristes sous le ciel changeant irlandais, ses boutiques et ses pubs chamarrés, ses vertes collines et ses nouveaux édifices contemporains composent un joli patchwork multicolore dont les éclats illuminent la rivière Lee.
Entre eau et mer
Du premier monastère construit au VIIe siècle par Saint Finnbarr, Cork, de son nom gaélique “corcaigh” (marécages), s’est développé, sous l’influence des Vikings, sur treize îles et un réseau de marais, aujourd’hui asséchés. Méconnue, Cork la provinciale possède un charme particulier, orienté autour de l’eau, de sa rivière et de ses quais colorés. Comme un grand serpent qui ondule à travers la ville, avec ses deux bras (le channel nord et le channel sud), la rivière Lee semble indissociable de la vie, et ses vingt-neuf ponts qui l’enjambent sont autant d’invitations à flâner, à découvrir ses ruelles étroites, ses passages et ses édifices géorgiens. Les deux bras de la rivière délimitent ainsi une île, le cœur de la cité, qui s’articule autour de deux grands axes commerçants, Grand Parade et Patrick Street, ceints d’hôtels particuliers du XVIIIe siècle. En arpentant ce cœur médiéval, il faut deviner l’ancienne “Venise du Nord”, avec ses multiples canaux, ses entrepôts et ses maisons de marchands. Si la ville a perdu aujourd’hui son visage hollandais, on peut encore imaginer à travers ses canaux les traces d’une activité portuaire et marchande essentiellement tournée vers la mer. Cork formait, avec la ville de Cobh (prononcez “cove”) en amont, le plus grand port naturel de l’hémisphère nord. Elle fut aussi le point de passage de nombreux émigrants, après la grande famine, qui quittèrent le sol irlandais pour l’Amérique ou l’Australie. Près de 6 millions d’Irlandais émigrèrent entre 1845 et 1960. C’est à Cobh que le Titanic effectua sa dernière escale avant son naufrage en 1912, et c’est aussi au large de Kinsale, à quelques kilomètres, que le Lusitania, avec 2 000 passagers à son bord, fut coulé par une torpille allemande le 7 mai 1915, précipitant les Etats-Unis dans la 2ème Guerre Mondiale.




