Rennes : en habit de capitale

Depuis cinq siècles capitale historique de la Bretagne, longtemps cité de magistrats et de bourgeois, Rennes a su devenir une ville moderne, rajeunie par son université, convertie à la technologie de pointe. Ce sont les Rennais qui l’affirment : il y fait particulièrement bon vivre... et cela se sent !
Chaque samedi, le tout-Rennes (et le reste) se retrouve, cabas en main, devant les étals qui envahissent la place des Lices. C’est ici que se tient l’un des plus grands et des plus fréquentés marchés de France. Sur cette place, jadis, le chevalier Du Guesclin a rompu, dit-on, ses premières lances lors des tournois disputés en bordure des fortifications de la cité. Sur cette place encore, à partir du milieu du XVIIe siècle, les magistrats et parlementaires de cette ville de robe ont fait construire leurs grandes demeures, leurs hôtels. Le double marché couvert donne, lui, dans l’Art nouveau, dans le métal et le verre à la Baltard.
Par le bas de la place, on file vers les Portes Mordelaises, l’un des rares vestiges des remparts des XIVe et XVe siècles. Entrées principales de la ville, elles ont vu passer tous les ducs de Bretagne qui juraient là de défendre l’indépendance de leur territoire, de préserver les “droits royaux du duché”. On parle aujourd’hui de restaurer plus largement ce “morceau” des fortifications et même de faire une promenade dans les anciens fossés qui pourraient être prolongés jusqu’à la tour du Chêne. ça ne serait pas un luxe en ces lieux historiques...
La cathédrale Saint-Pierre est toute proche et il est impossible de la manquer. C’est du lourd et même du très lourd, signé par un pape du néoclassique qui a vraiment fait fort. Enfin, à l’intérieur, dans une chapelle, un retable anversois du XVIe siècle vaut le détour.
Au pied de cette cathédrale, Rennes a gardé quelques vieilles rues médievales qui semblent s’enrouler autour de l’édifice. On flâne volontiers dans les plus anciennes, comme celle de la Psalette avec ses maisons basses et aussi celles des Dames et de Saint-Yves, aux courbes bordées de demeures Renaissance et de petits hôtels des XVIIe et XVIIIe siècles. Bien restaurée, la chapelle Saint-Yves - seul vestige d’un grand hôpital du XVe siècle - abrite l’office de tourisme.

Reportage : Henri Notteau