Graz : ses tours...
Après Porto et Rotterdam, Bruges et Salamanque, c’est Graz qui est, en cette année 2003, la capitale européenne de la culture. Oui, Graz l’Autrichienne... qui est beaucoup moins connue que Vienne, Salzbourg ou Innsbruck, mais là-bas, au cœur de la verte Styrie, cette ville - qui est quand même la seconde du pays avec 250.000 habitants - possède l’un des plus grands centres médiévaux d’Europe, classé par l’Unesco depuis 1999.
Dans le ciel de Styrie, Graz dresse ses tours. Celle qui domine la ville de plus de 130 mètres, sur la colline du Schlossberg, c’est la tour de l’Horloge (dont la grande aiguille indique les heures !), seul vestige de l’ancienne forteresse qui a dominé pendant des siècles la cité, mais dont la destruction fut exigée par Napoléon et donc ordonnée par le Traité de Vienne en 1809. La tour de l’Horloge est restée debout, moyennant une rançon versée aux Français. On monte à cette par les escaliers qui sont raides, très raides ou alors par le funiculaire. Et voilà Graz à vos pieds, avec ses toits rouge-brun subtilement enchevêtrés, qui offent un cadre idyllique de cette cité historique.
Même sur ce Schlossberg, Graz n’a pas officiellement ses mille ans. Certes, ici, sur les rives de la Mur, l’implantation humaine remonte à quelques siècles avant Jésus-Christ et la région faisait bien partie de l’empire de Charlemagne, mais les documents font défaut. Disons qu’il y eut très vite un château, un grabec (un petit château fort) qui donna son nom à l’endroit et qui permit de contenir les assauts venus de l’est. Devenue, au Moyen Age et à la Renaissance, la résidence de l’une des branches des Habsbourg, la ville de Graz a alors reçu des privilèges particuliers et a connu un âge d’or jusqu’au XVIIe siècle. On en fit même la capitale administrative des régions de l’empire habsbourgeois central (Styrie, Carinthie, Slovénie et nord de l’Italie). Elle devait ensuite connaître les fléaux de l’époque : la peste (qui tua un quart de la population en 1680) et les Turcs qui vinrent buter à plusieurs reprises au pied de ses murailles. Les seuls envahisseurs qui occupèrent Graz furent les troupes de Napoléon... et les Français allèrent jusqu’à rebaptiser les lieux qui devinrent ainsi, très provisoirement, “Grace sur l’Amour”. Décidément, nous sommes vraiment incorrigibles !



