Salzbourg : la belle autrichienne

Claquements de talons hauts, léger glissement de robes longues et de smokings retardataires. Ce soir, dans la grande salle du Mozarteum - l’académie de musique - le pianiste Nicola Frisardi interprète Chopin. Dans un silence religieux, les notes de polka et mazurkas s’envolent aux pieds de l’orgue monumental. Deux heures plus tard au Fridrich, à quelques rues de là, changement total d’ambiance : rires bruyants et tintements de verres ont remplacé la grande musique. Seuls quelques beaux costumes, le nœud de papillon enfoui au fond de la poche, rappellent qu’il y eut soirée de gala. Une de plus dans cette ville dédiée à la musique. Bernd, le patron du Fridrich, ne s’en étonne plus guère. Depuis vingt ans, son bar est une escale obligée d’avant ou d’après concerts. Classique, rock, jazz ou même rap, peu lui chaut. Ici, seul importe le vin autrichien qu’il sert non sans un certain cérémonial et avec gourmandise. “Ce sont surtout des habitués qui viennent ici, raconte Bernd, rarement les touristes. C’est dommage, au lieu de rentrer à l’hôtel, ils devraient s’aventurer un peu dans les rues de la vieille ville et goûter au vrai Salzbourg”.
De portes cochères en passages secrets, ces ruelles étroites et tortueuses, caractéristiques de la vieille ville, abritent une belle concentration de bars et de restaurants qui n’ont rien de touristique. Ils ont su garder une authenticité rare dans une cité touchée, elle aussi, par la mondialisation et l’omniprésence des grandes marques. Aussi, la meilleure manière de découvrir son âme - qui ne se livre pas facilement il est vrai - est de faire le tour des cafés.

Maison de l’Autriche
Austrohotel Salzburg
Hôtel Hofenstauffen

Antoine Lorgnier et Vincent Guerrier