Taba : Les secrets du Sinaï
Le long de la côte ouest, longeant le golfe d’Aqaba, à 70 km au sud de Taba, la ville frontière avec l’Egypte et face à la Jordanie et l’Arabie Saoudite, la route déroule son ruban d’asphalte au milieu de roches granitiques. Paysages arides désolés que viennent troubler quelques troupeaux de chèvres efflanquées emmenés par un bédouin. La route se transforme en piste et s’enfonce dans la montagne découvrant d’étonnants panoramas. Juste les traces profondes de pneus de 4x4 dissimulant peu à peu la piste des dromadaires ! Voici enfin, perdu au bout du monde, le Canyon Coloré. La descente s’impose au cœur de la faille géologique. Dans un dédale de roches gréseuses érodées sur 2,5 km, avec des aplombs de 50 m et des passages étroits d’un mètre de largeur, le Canyon révèle ses formes ondulantes et ses couleurs changeantes au gré de la luminosité.
Totalement abritée du vent, la gorge découvre ses roches stratifiées et ses rocs sculptées par le vent et l’eau, aux tonalités jaunes, orange, rouges ou ocres, ses teintes roses et bleutées, ses pierres blanches et ses nuances de vert, comme la palette d’un peintre inspiré. Tendez l’oreille ! Ni bruit, ni cris d’oiseau, ni même le murmure du vent. Juste le silence ! Impressionnant ! Sorti de je ne sais où, un bédouin apparaît sans un mot. Plus loin, à l’intersection de deux rivières asséchées, une cabane recouverte d’un tissu semblant négligemment posé. Trois ou quatre arbustes donnent une note verte sur le sable chaud. Une deuxième cabane apparaît au détour d’une anfractuosité. Malgré les conditions sévères et le climat aride, quelques nomades survivent donc ici comme des ermites. Le parcours initiatique et la balade kaléidoscopique se poursuivent le long de la faille comme un rêve en couleur.
1001 Soleils
texte et photos Vincent Guerrier


