Dublin : de vert et de malt
Perdu à l’ouest de l’Europe, Dublin cultive sa différence, ses grands écrivains et ses poètes, sa musique traditionnelle, tout son héritage celtique, normand et anglais, et son indépendance fièrement conquise. De jardins en jardins, d’église en église, de pub en pub, la journée avance lentement et la ville grise prend les couleurs d’une Irlande chaleureuse.
Bleu, jaune et rouge comme les portes laquées miroitant dans le quartier géorgien autour de Merrion Square. Noir, blanc et fleuri comme les façades de pubs dans le vieux quartier de Temple Square, mais Dublin se décline également multicolore comme ses habitants et ses touristes déambulant dans la grande rue piétonne de Grafton Street. Mais finalement c’est tout de même la couleur verte qui domine ici, dans une ville extrêmement tempérée qui profite des eaux tièdes du Gulf Stream. Le vert est alors tendre comme l’herbe parsemée de pâquerettes et de shamrock (le trèfle à trois feuilles symbole de l’Irlande indépendante) dans l’immense parc de 9 hectares de St-Stephens Green ou encore les pelouses impeccables de la prestigieuse Université Trinity College où flânent (où révisent aussi) quelques étudiants. Si Dublin a des allures de provinciale, la métropole n’en est pas moins une capitale dont l’activité ne se cantonne pas aux brumes maltées. L’animation est partout. On la retrouve ainsi dans le quartier des affaires autour de la Banque d’Irlande. Ou encore dans le Trinity College où l’effervescence intellectuelle des étudiants croise les touristes. Des touristes qui viennent admirer l’exposition des plus anciens manuscrits dont l’exceptionnel livre de Kells du VIIIe siècle et la vieille et austère bibliothèque de 65 mètres de long.
Partageant la ville en deux, indifférente au va-et-vient, la Liffey, la rivière semble s’ennuyer, avant de recueillir les eaux du Royal Canal, celles du Grand Canal et celles de la River Dodder pour rejoindre la mer d’Irlande, après avoir traversé les Docks et le nouveau centre d’affaires.




