Strasbourg : quelques balades...
En cet été torride, la cathédrale strasbourgeoise refait sa flèche. Une flèche unique en grès rose des Vosges qui culmine, depuis 1439, à 142 mètres. Ce fut l'une des créations les plus audacieuses de l'art gothique. Le point d'orgue de cette cathédrale Notre-Dame dont la construction s'échelonne sur trois siècles : de 1190 (elle a gardé un chœur roman) à 1503 (avec le portail Saint-Laurent, sur le côté nord du transept). Sur ce joyau, l'histoire se lit dans les dentelles de pierre, notamment sur la façade occidentale... où les vierges sages sont accueillies par le divin Epoux alors les vierges folles, séduites par le Tentateur, sont vouées aux serpents, crapauds et autres flammes de l'enfer.
Devant cette cathédrale du royaume de France, Goethe - étudiant à Strasbourg en 1770 dit avoir eu la révélation du “génie allemand” et bien des écrivains - Victor Hugo en tête - se lancèrent, eux, à l'assaut des trois cent soixante-cinq marches pour atteindre la terrasse du monument et “saluer le verre à la main, le coucher du soleil”. Aujourd'hui, après le tour des vitraux et de la rosace occidentale, de l'orgue Silbermann et de la chaire somptueuse de l'architecte Hans Hammer (réalisé en 1485 pour le grand prédicateur Geiler de Kaysersberg), les visiteurs se pressent devant l'horloge astronomique, mécanique spectaculaire due à des horlogers suisses du XVIe siècle et enrichie par le Strasbourgeois Jean-Baptiste Schwilgué qui devait la remettre “à la bonne heure” entre 1838 et 1842. Chaque jour à 12h30, au-dessus des cadrans qui nous indiquent les phases de la lune, la place des planètes, l'heure solaire et l'heure GMT, le calendrier perpétuel, c'est le grand jeu des automates... avec les apôtres qui défilent devant le Christ qui les bénit tandis que le coq bat des ailes puis chante au passage de Pierre et tandis que, plus bas, la Mort surveille ses clients. Et si vous vous retournez, le pilier des Anges, chef-d'œuvre de sculpture gothique, vous raconte le Jugement dernier !




