Singapour : l’Asie en miniature
À la pointe de la péninsule Malaise et séparée de celle-ci par le détroit de Johore, l’ancienne Tumasik (ville marine), a toujours eu une vocation marchande. Comptoir commercial incontournable sous l’emprise de Sumatra et de Java, entre l’Océan indien et la Mer de Chine, Singa-Pura (la ville du lion) s’est enrichie du commerce des épices, de la cannelle, de la muscade, du girofle et du poivre. Convoitée par les Portugais, puis par les Hollandais, l’île de Singapour finira sous la domination britannique, avec le fameux Sir Thomas Stamford Raffles qui rachètera au sultan malais un ensemble de terres marécageuses pour 33.200 dollars.
Après l’ouverture du canal de Suez, Singapour devient une position hautement stratégique, passage obligé du commerce entre la Chine et la Grande-Bretagne et le port franc se développe à grande vitesse. C’est la grande époque du caoutchouc, de l’étain, du pétrole et du sucre. Lors de la seconde guerre mondiale, les Japonais s’emparent facilement de l’île et Singapour prend alors le nom de SyonanTo (Lumière du sud). Après Hiroshima, les Britanniques reprennent possession de Singapour qui, après encore quelques péripéties et quelques tentatives d’union avec la Malaisie, finit par prendre son indépendance en 1965. Chinois (76 %), Malais, (19 %), Indiens (6 %), Eurasiens, la société singapourienne est aujourd’hui un incroyable rassemblement d’ethnies, de religions et de cultures juxtaposées qui cohabitent dans une unité encouragée par le gouvernement.




