Zurich : si riche... si belle
Sur la Bahnstrasse encadrée de somptueux tilleuls et de riches vitrines, c’est en ce week-end d’avril, marquée par la nouvelle lune, le carnaval zurichois. Le Sechselaüten. La fête des corps de métiers. Les enfants escortent le Böögg (le bonhomme hiver) promis au bûcher et les membres des confréries entament des séries de banquets dans leurs maisons respectives. Oui, tout ce monde-là va défiler derrière drapeaux, musiques et même cavalerie. Il en est ainsi depuis quelques siècles à Zurich qui montre ainsi en cette occasion et de manière folklorique son opulence. Une opulence due au travail obstiné de sa population.
Ici, donc en cette journée de printemps, on marche et on danse sur l’or. Car les caves et les coffres- forts des grandes banques suisses sont véritablement là, en-dessus des pavés et des rails du tramways. En bordure du lac, dans quelques instants, le Böög va s’enflammer et les cavaliers des confréries tourneront trois fois autour du bûcher, célébrant à la fois la mort et le renouveau.
Zurich va se remettre au travail pour une nouvelle année après cette parenthèse facétieuse soigneusement cultivée. Ne l’oublions pas, nous sommes dans la capitale financière et économique de la Suisse, avec ses sièges de banques et de compagnies d’assurances, ses agences de publicité, ses firmes de machines-outils et d’appreils de précision, ses industries chimiques et graphiques, dans une ville universitaire de grand renom (avec une brillante Ecole polytechnique fédérale) et aussi dans la cité la plus peuplée du pays aussi avec son million d’habitants !




