Reims : le sourire
Après avoir été la plus importante cité romaine de la province impériale de Belgique, Reims est devenue, depuis le baptème de Clovis par Saint-Rémi, la ville des sacres royaux... et aussi, depuis le XVIIIe siècle, la capitale du plus prestigieux des vins, le champagne. Sa cathédrale et ses autres monuments exceptionnels témoignent des splendeurs passées, mais ils portent aussi les blessures d’une histoire plus récente. Aujourd’hui, Reims sourit à l’Europe !
Ils sont là, plantés devant la façade de la cathédrale et ils cherchent. Une cinquantaine de Japonais pour un ange qu’il faut absolument photographier. Mais “l’ange au sourire” c’est lequel ? C’est celui du portail de gauche, oui, celui-là... le dernier à gauche !
Reims, c’est d’abord ce sourire qui surprend, ce sourire d’un ange qui semble accueillir tous les hommes à la porte de cette cathédrale, l’une des plus grandes, des plus belles et des plus illustres du monde chrétien. En effet, cette cathédrale, commencée au début du XIIe siècle et terminée au XVe siècle, est d’une rare perfection architecturale, avec le gothique le plus pur dans tout l’édifice, avec les douze travées de la nef qui dresse ses voûtes à plus de 38 mètres de haut dans une enfilade créant une sorte de vertige, avec le chevet construit comme une forteresse sacrée, menacée par une foule de démons mais gardée par une armée d’anges.... et, bien sûr, avec la façade occidentale d’une harmonie parfaite et d’une richesse unique. Devant nous, des centaines et des centaines de statues (la cathédrale en compte au total 23O3 figures sculptées, sorties des ateliers rémois qui, au XIIIe siècle, étaient les plus réputés d’Europe) décorent les tours et portails de cette façade rémoise toujours changeante au fil des heures et de la course du soleil. Tout le monde sacré est ici rassemblé sur une quarantaine de mètres de haut tandis qu’à la base des tours - qui n’ont jamais été surmontées des fléches prévues à l’origine, mais “sacrifiées” après le grand incendie de 1481 - le cortège des rois de France défile, lui, sur la galerie supérieure.



