Bruges : la mélodie médiévale

Dans un mois, dans un an... Ces quelques mots de Françoise Sagan résument à merveille la ville de Bruges. Sereine, méditative, sans autre apprêt que les reflets du ciel, Bruges l’intemporelle distille ses images au compte à gouttes. À mi-chemin du monde et toujours à deux pas de l’ailleurs, Bruges est l’une des rares villes où l’on prend encore le temps de flâner, d’écouter le bruit des calèches et d’entendre les douze coups de minuit. Haut-lieu du Romantisme, rendez-vous de charme pour romanciers en herbe, Bruges est la cité du printemps et de l’automne, de l’éveil et du renoncement, de l’éternel renouveau et des questions en devenir. Bruges, c’est aussi le silence des canaux assoupis, le sourire des jonquilles, les allées bordées de saules, les façades en briques rouges et grises, les résonances d’un carillon sans âge, le rempart des Béguines, ces nonnes laïques qui attendaient jadis le retour du guerrier... Disposant d’un bon atout historique, Bruges continue d’attirer chaque année plus de trois millions de touristes. On lui doit un port qui fut naguère le rival de Gênes et de Florence, un beffroi de 83 mètres, une étendue d’eau le Minnewater que l’on baptisa le “lac d’amour”, le quai du Rosaire qui hébergea l’hôtel des Ducs de Bourgogne et une sainte, un peu insolite, Notre-Dame de l’Encrier, pour le plus grand bonheur des scribes...

Texte : Valère-Marie Marchand - Photos : Antoine Lorgnier, Bruge Tourism