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Taipei : made in Taiwan

A mains nues, Alain Robert, the french Spiederman, l’acrobate privilégié des buildings, s’est emparé au petit matin de la tour 101 (prononcez one-o-one), le gratte-ciel, à ce jour, le plus haut du monde. Avec ses 508 mètres, ses 101 étages et ses 162 boutiques prestigieuses, la tour 101 est devenue le symbole d’une autre Chine triomphante et moderne, mais qui n’a pas rompu avec ses traditions séculaires. Créée par l’architecte C.Y. Lee, l’impressionnante tour, conçue pour résister à des secousses sismiques importantes, étire sa jolie forme de bambou, avec ses ruptures de ligne rappelant les nœuds de l’arbuste, et sa grande ombre protectrice sur la cité. A ses pieds, Xinyi, le quartier des affaires étend ses grands hôtels, ses parcs, ses centres commerciaux -son fameux New York New York- son Warner Village Cinema Center, jusqu’aux contreforts des Quatre Montagnes, au Sud-Est de la ville.
A l’opposé de Taiwan, comme un écho de la tour 101, le Grand Hotel dresse, sur les premières collines des Monts Yuan Shan, son immense pagode et ses colonnes rouge vermillon dans les couleurs pure de l’aube. Deuxième point de repère dans la grande agglomération, le Grand Hotel, ancien palais de Mme Tchang Kaï-chek, surplombe la rivière Keitung et l’aéroport domestique et tout le nord de la ville, et surprend par sa décoration chinoise et son gigantisme. Autre référence au passé, le Mausolée des Martyrs vit au rythme de la relève de la garde. Défilé d’ombres au pas retenu dans un silence impressionnant, en souvenir des victimes de la guerre civile et de la guerre contre le Japon.
Presque à mi-distance du Grand Hotel et de la tour 101, le Mémorial National Tchang Kaï-chek rend, lui, hommage au Président qui a défendu la Chine Nationaliste. Comme une réminiscence de la cité interdite, haute de 70 mètres et couronnée par un toit hexagonal aux tuiles bleues, la structure aux murs de marbre blanc s’impose par sa grande sobriété. A quelques dizaines de mètres d’un trafic qui s’amplifie, le Mémorial semble si calme, si reposant, à peine perturbé par la relève de la garde qui se déroule, comme au Mausolée des Martyrs, dans un cérémonial presque décalé. Une vaste esplanade de 200 mètres carrés, l’esplanade des Arts et de la Littérature, s’étend au pied du Mémorial, entre le Théâtre National et la Salle Nationale de Concert, jusqu’à la grande porte de 30 mètres de haut par 80 de large, caractéristique avec ses cinq arches. Lieu privilégié de grands rassemblements comme la Fête des Lanternes, l’esplanade est investie dès l’aube de stands improvisés et de petits groupes qui pratiquent le tai-chi ou la gymnastique.

Texte et photos : Vincent Guerrier