Budapest : la musicienne

L’archet court sur les cordes... et les notes se suivent, se poursuivent et semblent se rattraper en un rythme effréné. Hongrois, Tzigane, qu’importe, le primás de l’Orchestre Symphonique du Danube arrache de son violon, danses hongroises, rhapsodies et tout un répertoire d’airs classiques qui vous entraînent et vous bousculent en un grand tourbillon d’émotions. Romantique le pays de Liszt ?
Grimpez à la citadelle, sur la colline de Gellért, au sud de Buda, pour apprécier, au pied de la statue de la Libération, le formidable panorama qui accroche le regard. Laissez-vous étourdir par le fleuve des fleuves, qui, à travers son périple de la Forêt Noire jusqu’à la Mer Noire, paraît à Budapest, si majestueux, si proche aussi et demeure l’acteur principal et le témoin de l’histoire mouvementée de la ville et du pays. Comme la csárdás, Budapest possède deux rythmes, de chaque côté du Danube. Sur la rive droite, Buda dresse ses monuments royaux et ses collines aux noms évocateurs, colline aux roses, colline de l’aigle ou colline du soleil... Le tempo évoque Joseph Haydn. Accessible par le sikló, un funiculaire en bois, depuis la place Clark (kilomètre zéro de la capitale), à l’extrémité du pont des Chaînes, la colline du château s’impose, impériale, de jour comme de nuit. Plus qu’ailleurs, l’histoire se raconte ici à chaque pas, dans les pierres et dans les couleurs. Le Palais Royal surplombe le fleuve, comme un grand gâteau, avec ses ailes et ses terrasses. Au fil des époques, l’édifice, construit sur le côté sud de la colline, grandit, s’allonge, et de forteresse sous Bela IV devient gothique sous Louis Ier le Grand, baroque après la reconquête sur les Turcs, puis néo-baroque en 1904, avec ses bâtiments solennels et son dôme central. Le Palais Royal abrite de très intéressants musées tel le musée d’Histoire de Budapest ou la Galerie nationale hongroise. S’il semble gris et massif de jour, le Palais prend une tout autre dimension la nuit sous les projecteurs.

Texte et photos : Véronique Gavelle et Yves Silie